Alors que je conversais avec ma fille, parisienne venue se réfugier ici, en Normandie, pour fuir la canicule, elle m’apprit un mot de la langue française qui ne figurait pas encore dans mon répertoire : touffeur. Je le trouvais immédiatement parfait pour décrire l’atmosphère dans laquelle j’allais écrire ces lignes.
C’est donc sous cette touffeur que j’entamais l’écriture de ce billet d’humeur, à peine rafraîchie par l’air brassé d’un ventilateur sur pied, installée dans mon bureau. Le décor est planté, et finalement, je ne fais pas exception : près de 67millions de Français subissent, eux aussi, cette vague de chaleur.Ah si ! Une différence tout de même : j’ai marié mon fils aîné le 13 juin dernier. Vous allez me demander quel peut bien être le rapport entre ce mariage et un billet destiné à l’Astro-Gazette de la FDAF. Patience… La patience est une vertu, particulièrement en période de canicule. Il faut savoir attendre, bien sagement, le retour de températures plus clémentes, celles que les météorologues appellent pudiquement « les températures de saison ».
Revenons donc à nos moutons… ou plutôt à nos jeunes mariés : Qui dit mariage dit forcément coiffeur. Et qui dit salon de coiffure dit aussi cette pile de magazines que l’on feuillette distraitement : Paris Match, et autre Gala… Mon regard s’arrête sur la couverture d’un numéro de Gala consacré à l’affaire Patrick Bruel. L’idée me vient aussitôt d’aller acheter ce magazine, persuadée qu’il pourrait servir de point de départ à mon article. A peine sortie du salon, toute pimpante, me voilà donc chez le bar-tabac-presse voisin.
Que nenni ! La buraliste m’explique que ce numéro fait déjà partie des invendus : retiré des rayons et renvoyé au distributeur. Je dois reconnaître que j’insiste un peu. Comment est-il possible qu’un numéro daté de juin, alors que nous sommes toujours en juin, soit encore chez ma coiffeuse mais plus en vente ? « Parce que Gala est un hebdomadaire, Madame ! » Un hebdomadaire ? J’aurais pourtant juré qu’il s’agissait d’un mensuel. Ma mémoire commencerait-elle à me jouer des tours ? Serait-ce les premiers signes d’une sénilité précoce ? Et bien non ! Me voilà rassurée. Gala est bien né en 1993 sous la forme… d’un mensuel. Son succès fut tel que son éditeur décida, dès cette même année, de le transformer en hebdomadaire.
Je vous laisse admirer, au passage, la remarquable fidélité de ma mémoire…
Qu’à cela ne tienne. Mon regard se pose alors sur le numéro en cours, dont la couverture est cette fois consacrée à Charlotte Casisaghi. Je dois vous faire une confidence : j’ai toujours trouvé cette femme d’une beauté rare. Une beauté qui n’a rien d’ostentatoire, à la fois naturelle, élégante et presque intemporelle. Une beauté qui semble ne jamais chercher à séduire, et qui séduit pourtant : à cet instant précis, je tenais le sujet de mon billet.
La grâce des contrastes

Bien sûr, Charlotte Casiraghi est née sous la lumière d’un Soleil en Lion en maison VII, une position qui ne pouvait que la placer sous les regards du monde. Mais cette lumière s’accompagne d’emblée d’une profonde lucidité, par cette Lune noire en sextile au Soleil, lui conférant très tôt une remarquable clairvoyance.
Son ascendant Capricorne la rappelle constamment à son sens du devoir et de la responsabilité. Pourtant, loin de se résigner au rôle de représentation familiale que son héritage semblait lui imposer (Soleil Lion et Lune Cancer, en VII), elle s’est attachée à s’en affranchir. Mars conjoint à l’ascendant Capricorne et opposé Lune traduit cette volonté farouche de construire sa propre existence selon ses choix plutôt que de subir ceux des autres.
Orientée vers un parcours universitaire (Nœud Sud Balance en IX), elle a finalement fait de cette culture un tremplin vers une autre vocation : l’écriture. Son Nœud Nord Bélier en III l’invite précisément à trouver sa propre voix, tandis que la solitude créatrice nécessaire à l’écrivain trouve naturellement sa place chez cet ascendant Capricorne.
Cette quête intérieure nourrit également son goût pour la philosophie. Une Vénus en Vierge maison VIII, maîtresse du Nœud Sud, alliée à un Milieu du Ciel en scorpion conjoint Pluton, dessine une personnalité attirée par les grandes questions existentielles. Pluton marque profondément son destin, notamment à travers les deuils précoces de son père, Stephano Casiraghi, puis de sa grand-mère, la princesse Grace.
Pour autant, Charlotte Casiraghi n’est pas une écrivaine recluse. Avec Mercure en VII Cancer, sa réflexion s’élabore dans l’échange : elle éprouve le besoin de confronter sa pensée au regard de ses proches avant d’avoir « le dernier mot ».
Son existence illustre ainsi un équilibre subtil entre retrait et exposition. Si l’écriture relève d’un travail solitaire, son engagement public est tout aussi affiché. Depuis l’automne 2015, elle préside Les Rencontres philosophiques de Monaco, qu’elle a cofondées, donnant une visibilité à une réflexion intellectuelle exigeante (Saturne et Uranus en XI Sagittaire).
Les titres mêmes de ses ouvrages témoignent de cette forte empreinte plutonienne. Archipels des passions (Seuil, 2018), coécrit avec Robert Maggiori, puis La Fêlure (Julliard, 2026), explorent les profondeurs de l’être. Ce dernier propose de transformer une blessure intime en cheminement personnel et en force intérieure. Si ce n’est pas là l’expression la plus éloquente de Pluton et du Scorpion, qu’est-ce donc ?
Charlotte Casiraghi a confié regretter de ne pas être devenue psychiatre. Pourtant son thème semble suggérer qu’elle a emprunté une autre voie pour explorer l’âme humaine : celle de la philosophie, de l’écriture et de la réflexion. Une manière, peut-être, d’accomplir autrement une certaine forme de vocation.
Isabelle GENTY, le 26 juin 2026
Pour tout contact et réactions : isabellegenty@hotmail.fr
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Charlotte Casiraghi, née le 3 août 1986 à 19h00 à Monte-Carlo (Monaco), source : communiqué de presse – Contributeur : Loïs Rodden
Gala n°1723 du 18 juin 2026
